jeudi 27 novembre 2008
dimanche 3 août 2008
Les femmes aiment le sexe
D’avantage que les hommes, j’en suis convaincu.
Je me souviens que gamin, j’avais lu dans quelque mensuel la synthèse d’une enquête indiquant que les pensées « inavouables » titillaient d’avantage, au cours d’une seule journée, les cervelles femelles que les encéphales mâles.
Et vous auriez bien tort, Messieurs, de croire que l’imagination d’une femme ne s’emballe qu’en princes et châteaux hispaniques, car elle est riche de mille et une rêveries dont vous ne cherchez pas assez souvent à avoir idée. Et si nous autres avons encore l’instinct de réveiller nos sens à la vue de quelques dénudés estivaux ou d’un effleurement soyeux, il nous ne nous est pas toujours si simple de maintenir une tension libidinale suffisante pour convertir en saynètes langoureuses les fort nombreux signaux qu’une belle animalité offre, en contribuant à préserver notre espèce ainsi que nos plaisirs.
J’en veux d’abord pour preuve la pléthore de productions érotiques qui contribuent à devoir réveiller nos appétits. Pourquoi diable aurions-nous, en très grande majorité, recours à ces déclencheurs de désir si nos propres ressources aphrodisiaques y suffisaient ? Ou bien sont-ce les frustrations de nos chasses infructueuses ou refoulées qui nous conduiraient à chercher quelque récompense pavlovienne ?
Nous autres mâles, avons-nous assez d’énergie sexuelle pour assumer fertilement l’intégrité de notre nature ?
Ce que j’entends par là touche à la « sexualisation » de notre personne, de notre personnalité. Remarquez combien beaucoup d’hommes gays s’emploient à prendre soin d’eux-mêmes, de leur allure à leur santé physique, comment ils aiment mettre en avant un arsenal de séduction varié (postures, attitudes, allusions verbales, langage du corps…) sans forcément jouer d’un stéréotype efféminé. Nous autres mâles hétéros, nous fagotons par légions tels des gueux, plastronnons ridiculement sur des faits et biens qui lassent les dames (ma promotion de vendeur de savonnettes en chef, ma super voiture de sport jaune, mes méga pectoraux de gorille dans la brume, ma motocyclette japonaise 750 cm3, etc.), conversons tels des mômes tremblotants devant leur directrice d’école lorsque nous croyons détenir l’immense privilège de causer avec fille méchamment gironde ou une executive woman qui en impose, sortons des blagues à deux balles, la panoplie misérable du macho de pacotille ou nous métamorphosons en caniche mignon, plutôt que d’observer, garder notre caractère et nous mettre à l’écoute de leurs réelles attentes…
Tandis que vous, Mesdames, déployez des trésors de patience et de persévérance à rendre agréable votre image et votre présence, savez laisser aux moments de séduction la saveur d’un jeu, accordez au langage toute la sensualité qui lui est due et l’ouverture qu’il requiert, préférez suggérer que manifester grossièrement, nous invitez bien souvent à dévoiler les richesses de notre imagination tant dans les actes que dans l’évasion spirituelle, nous invitez bien souvent à faire ressortir les caractéristiques sexuées de notre nature intime plutôt qu’à parader d’un plumage insipide.
Toi, mon fils, tu seras un homme en apprenant, aussi, à aimer les désirs qui t’animent.
Publié par Alexandre à l'adresse 8/03/2008 02:46:00 PM | 9 commentaires Liens vers ce message
mardi 22 juillet 2008
Un interstice
Le matin s’ouvre. Et mes pas sont portés vers cette petite échoppe de fleurs nouvellement installée à la gare.
La jeune vendeuse s’approche.
- Dites-moi, je vous prie, quelle est votre plante préférée, dites-moi sans mentir quelle serait celle que vous souhaiteriez qu’on vous offre
Surprise, elle masque soudain par un rire le pourpre qui presse son visage.
- Bien, je… Je crois que… Cette orchidée colorée, ici ; elle est vraiment, disons, unique, enfin elle me donne l’impression d’être seule à attendre… »
Il me faudra entendre tes pas se prolonger indéfiniment, il le faudra, dans quelques heures, lorsque accoudé à la barrière de cette station de métro, je porterai l’hymen de cette fleur oubliée dans une main ferme.
Te voilà donc ainsi, nous nous sommes salués, je ne t’ai reconnu que par l’ignorance de qui tu pourrais être, jamais je n’aurais voulu te connaître avant cet instant de matière.
Pourquoi la blancheur du ciel nargue-t-elle le soleil ? Si je ne puis sentir ton odeur, tout sera comme auparavant. Marchons !
Ne me regarde pas, négligeant le menu, haussant les yeux fugitivement ; vois-moi !
Ce petit vin de pays nous a donné l’apéritif d’une candeur joyeuse, nous plaisantons. Ce sont quelques rires qui laissent régulièrement tes lèvres entrouvertes, pleines et vides, déliées puis soudain refermées. Un interstice.
J’insiste, tu me rétorques que la partie la plus douce de ton avant-bras ne présente aucun tatouage, que j’ai probablement rêvé. « Crois-tu ? » Je le saisis délicatement, pour l’approcher de mon visage, quelques secondes, puis je dis doucement, presque imperceptiblement : « il est tatoué de ton odeur ».
Tes yeux s’ouvrent, puis se referment. Un interstice.
Avant que de t’embrasser, j’humecte tes lèvres d’une rosée de ma langue. Le rebondit soyeux, timidité des muqueuses, et nous nous engouffrons dans les ténèbres de nos goûts mélangés, yeux clos.
Faire l’amour c’est toujours le construire. Je ne veux que ta sueur, filtrée avec la mienne dans un oubli de nous, que ton être figé dans nos deux corps, ton abandon de tout, et tes deux yeux ouverts. Je te regarde, profondément ; non, ne les ferme pas !
Tes paupières s’ouvrent, démesurément, tu mords le vide juste avant l’oreiller. Tes yeux sont à présent fermés, dans une contraction qui produit quelques plis à leurs contours. Tension, libre de toute volonté, puis relâchement. Emotion. Je reste en toi, tu refuses que je nous délie ; je le refuse aussi.
Nous plaisantons, nous amusons, furtivement nous regardons. Qui sait ? Un sourire, puis deux.
Tu me raccompagnes à la porte, avec une once d’hésitation je te dis : « Je ne sais pas trop, oui, bientôt ; mais attends, hein… Ne tombe pas amoureuse. Mon âme est encore si fragile. Je me sens bien avec toi. »
Descendant les escaliers, mes pensées vagabondent, tandis que ton dernier regard me suit.
Publié par Alexandre à l'adresse 7/22/2008 09:47:00 PM | 11 commentaires Liens vers ce message
Libellés : Faire l'amour
lundi 30 juin 2008
A largeur de temps...
Nombreux sont les courriers électroniques à nous rappeler ce qui pourrait sembler une impérieuse nécessité à « enlarge our penis ».
Et c’est probablement car le mythe d’un membre généreux perdure contre vits et marées. Saupoudrées de quelques pincées d’un aphrodisiaque chimique, il faudrait à nos érections le supplément d’épater par la masse. Or s’il est fait bien grand cas de la taille de l’engin, qu’a donc la rumeur populaire à ignorer sa forme ?
Est-ce vous, Mesdames, qui fîtes entretenir le désir masculin d’un organe gros et gras ? Où sont-ce plutôt quelques croyances en l’emblème totémique d’un obélisque immense ?
Il m’est fort malaisé de croire que peu de femmes accorderaient à la sculpture d’une verge, l’intérêt qu’elle requière.
De l’aspect, qui, par la teinte des veines sur une peau tendue au feutre soyeux d’un gland tout engorgé s’offre à faire palpiter des yeux à jeun.
De la cambrure au dessin inspiré qui donne à espérer quelque engagement subtil dans l’antre bénévole.
De la texture au modelé, qui raviront les mains, inviteront les langues, humecteront les lèvres, ouvriront à l’oubli d’être deux en fusions inédites…
Ce sont autant d’éléments propres à percer les mystères de la subtilité vaginale qui risquent de passer à la trappe si l’obsession persiste à ne voir en le membre fertile que sa rustre grosseur, en oubliant les délicates dispositions de ses autres contours. Et quelle triste fierté que de s’enorgueillir d’un mastodonte seul propre à faire impression et non sensations... Alors au diable, Messieurs, les idoles païennes, et que soient considérés avec plus d’intérêt les miracles d’extases que peuvent engendrer les plus célestes variantes de nos objets de piété !
Il faudra, certes aussi parler de l’exercice du culte, mais nous y reviendrons.
Publié par Alexandre à l'adresse 6/30/2008 09:30:00 PM | 7 commentaires Liens vers ce message
dimanche 25 mai 2008
Approche !
Approche, et viens risquer ta peau
Offre-toi de tout perdre
Chair, pulpe, arrangements
Figures délétères des compromis vaillants
Loin des sourds à ton sexe, des évadés de Toi
Une corne de brume lance un sifflet d’appeau
Elle est frémissement, mais ébranle, mais brûle
Ce palpitant intime, inflammation de joie
Désir douloureux d’être ajourné aux rires
De celui, cet élu, qui se contemple, vain
D’entendre tes suppliques, obsédé d’un phallus
Ni à lui, ni pour toi,
Icône totémique
Parade dérisoire
Offre-toi d’approcher, offre-toi d’arrimer
L’incrédule frisson aux conjonctions des râles
Offre-toi de t’offrir et te reconquérir
Offre-nous, offrons-nous
Et rebâtissons-nous
Soumettons à la rage nos sueurs imbriquées
Nous serons juste deux, l’un en l’autre présents
Ni crédules, ni faux, ni laids de tentations
Simplement nus et mus par un au-delà d’or…
Je t’aime tant déjà de partager ton corps
Publié par Alexandre à l'adresse 5/25/2008 09:57:00 AM | 6 commentaires Liens vers ce message
Libellés : Faire l'amour, Poésie
jeudi 22 mai 2008
Repens-toi malheureux !
La chasse au papillon des mers - Technique mixte, 1996Cet avertissement sans doute fort bienveillant m’invite, comme de coutume, à la réflexion.
Ainsi qu’est-ce donc que de monter son cul ? Faire l’exhibition d’une partie anatomique habituellement dévolue à l’intimité lorsque dénudée ou équipée de sous-vêtements. On peut, de toute évidence, s’offrir un tel luxe tantôt provocateur, tantôt provoquant, d’autant de manière que l’inspiration nous y porte ; de façon très directe, in situ, par le déboutonnage inopiné ou alangui de son pantalon, de façon indirecte, par le biais d’un dispositif dédié à la capture d’images, et, dans ce cas opter pour le flash et le cru, ou bien s’armer de patience et minutie afin d’initier une démarche esthétique. Mais quel est donc alors le sujet, dans la dernière option, que nous choisissons de montrer ? L’élément cul, dans sa puissance évocatrice, ou la composition picturale qui donne à voir un cul ?
Le sujet n’est pas neuf, et combien de litiges jalonnent les plus humbles forums électroniques, sur ce qui tient de l’indécence : « Mais pourquoi, maudits administrateurs, avez-vous censuré mon image qui se prévaut d’être art tandis que vous la qualifiez d’cochonne ? »
Notre grondeur, toutefois, n’est point ce ceux qui par pudibonderie s’offusquent, il est bien volontiers provocateur et sarcastique pour abreuver les pores de sa psyché rebelle. Il aura eu le soin de pointer une menace autrement plus crédible : le ridicule. « Tu vas finir par virer pathétique ! » tance la voix sévère. Mais ce qui est intéressant dans la formulation, c’est l’emploi du verbe « virer » qui évoque plus le changement que le devenir. Il y aurait donc ce risque d’une métamorphose quasi alchimique ; par la mise en scène de mes fesses, je m’exposerais au danger de n’être plus crédible, à la force d’une transmutation implacable, je pourrais changer d’un seul coup et devenir un sot.
Et revient l’angoissante question : mon QI ou mon cul ?
L’enfer, tu sais, eh bien l’enfer c’est les deux que simultanément l’on présente aux autres !
(Je m’en fais un délice)
Publié par Alexandre à l'adresse 5/22/2008 07:05:00 PM | 3 commentaires Liens vers ce message
jeudi 15 mai 2008
Chanson d’amours rurales
J’m’en va fourrager la fermière
Et bourgeonner dans la bergère
Puis j’ira larder la laitière
Et mêm’ gicler dans la jachère
J’m’en va déboucher la bouchère
Et ben bourrer la boulangère
Puis j’ira meuler la meunière
Et même épingler l’épicière
J’m’en va connecter la caissière
Et enfiler la fille au paire
Puis j’ira visser la vipère
Et même fourrer la femme au Maire
J’m’en va frotter les réfractaires
Et ouvrager les ouvrières
Puis j’ira explorer leurs mères
Et même injecter l’infirmière
j’m’en va couder la couturière
Et ramoner la romancière
Puis j’ira crémer la crêpière
Et mêm’ roder la roturière
j’m’en va fourrer la financière
Et décrisper la créancière
Puis j’ira rentrer la rentière
Et mêm’ tringler la trésorière
J’m’en va drainer la dentellière
Et pratiquer l’apothicaire
Puis j’ira limer la libraire
Et mêm’ chiner la chemisière
J’m’en va plier la femme à Pierre
Et chignoler dans la chimère
Puis j’ira mettre la mercière
Et même œuvrer dans la stagiaire
J’m’en va sucrer la sucrière
Et encastrer la gazinière
Puis j’ira souiller la soupière
Et mêm’ rembourrer l’ frigidaire
J’m’en va charger la charcutière
Et maroufler la maraîchère
Puis j’ira darder la guêpière
Et même aliter la litière
J’m’en va honorer l’honoraire
Et missiler la militaire
Puis j’ira chausser la charr’tière
Et mêm’ rentrer la Marie-Pierre
Et enfin vieux et plus ben fière
J’ira dérider la dernière
Avant qu’on n’aille me mettre en bière
Pour que’ j’ fertilise eul’cimetière !
Publié par Alexandre à l'adresse 5/15/2008 10:18:00 PM | 7 commentaires Liens vers ce message
Libellés : Campagne, Grivoiserie, Poésie
